En sommes-nous encore à l’heure des voyages à faible valeur ajoutée?

J’ai fait parvenir aux médias une lettre d’opinion sur le voyage d’une semaine à Montpellier de sept Sherbrookois car une partie de leurs frais était assumée par la Ville. Avant de faire une dépense, il me semble important de savoir ce que ça nous rapportera. Le maire m’accuse de penser petit. Je dirais plutôt que je pense aux petits: aux enfants qui devront supporter le poids de la dette de la Ville qui s’accroît sans cesse, et aussi aux bas salariés qui se sentent mis sous pression par les demandes incessantes des divers paliers de gouvernement.

M. Sévigny considère de plus que l’enveloppe totale pour le projet de jumelage avec Montpellier est de 50 000 $. Pour celui-ci, remettre en quesiton des budgets de cette taille, c’est vouloir faire des économies de bouts de chandelle. Pour ma part, je pense plutôt que si une dépense n’est pas pertinente, elle ne devrait pas être faite, point à la ligne. Ça ne coûte absolument rien de couper une dépense et ça ne prend que quelques secondes. Voilà du temps profitable! 

On dit aussi qu’un éléphant ça se mange par petites bouchées. Le redressement des finances municipales ressemble fort à un éléphant, considérant la taille du défi. Je suis prête à commencer à prendre de petites bouchées. Je suis déterminée à venir à bout de cet éléphant.

Voici donc le contenu de ma lettre en entier.

En ferions-nous trop?

C’est la question qui me vient en tête quand je pense à la délégation que la ville de Sherbrooke a envoyée à Montpellier, notre ville jumelle, pour un séjour d’une semaine.

Selon l’information que m’a transmise le Cabinet de la mairie, sept personnes faisaient partie de la délégation : une élue, une personne du Cabinet, un représentant de Destination Sherbrooke et quatre bénévoles du Festival des traditions du monde.

Coût de l’opération : trois billets d’avion pour le sud de la France payés à même le budget du Cabinet et quatre autres billets puisés dans un fond d’action bénévole de la ville de Sherbrooke. S’ajouteront sûrement au moins un per diem par jour pour les menues dépenses ainsi que le transport vers l’aéroport de Montréal et le stationnement. Une fois à Montpellier, les dépenses seront prises en charge par la ville hôte.

Les coûts totaux à court terme seront peut-être de moins de 10 000 $. Mais quand nous recevrons la visite des gens de Montpellier, leurs frais de séjour seront à notre charge. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lorsque deux chefs de Montpellier sont venus participer à l’événement Sherbrooke t’en bouche un coin. La facture réelle est donc plus élevée.

Aussi, n’en faisons-nous pas un peu trop en envoyant quatre bénévoles en mission pour la ville? En détournant de dossiers peut-être plus importants en termes de retombées pour Sherbrooke, au moins deux ressources payées par les citoyens pendant une semaine? Voilà plusieurs années qu’on envoie des délégations à Montpellier et que les retombées consistent à entretenir des relations qui relèvent beaucoup plus de relation de bon voisinage entre villes que d’affaires avec des retombées concrètes et significatives.

Récemment, commentant les interventions du gouvernement du Québec en France, Mme Françoise Bertrand, pdg de la Fédération des chambres de commerce de Québec, se demandait également si nous n’en faisions pas trop. Elle observait que les Français sont des investisseurs marginaux au Québec, qui investissent de trois à quatre fois plus dans les autres provinces, principalement en Ontario. À l’échelle du Canada, entre 2004 et 2011, la France aurait investi 1,8 milliards de dollars au Canada, soit seulement 3,2 % des investissements étrangers faits au pays.

À l’aube de la réorganisation municipale, ce voyage n’était-il pas de trop? Certains diront que sur le budget total de la ville de Sherbrooke, des dépenses de cette taille sont négligeables. Je crois cependant que comme Mario Dumont le soulignait récemment, quand on veut effectuer des redressements, les gens n’ont aucune patience avec les symboles du gaspillage. Ce ne serait pas l’ampleur des sommes en cause qui serait importante, mais plutôt le message qu’on veut passer.

Pour toutes ces raisons, je pense que ce voyage était de trop.

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